ORPHEE
Tu es toute puissante !

LA PRINCESSE
A vos yeux. Chez nous, il y a des formes innombrables de la mort : des jeunes, des
vieilles, qui reçoivent des ordres.

ORPHEE
Et si tu désobéissais à ces ordres ! Ils ne peuvent pas te tuer : c'est toi qui tues.

LA PRINCESSE
Ce qu'ils peuvent est pire.

ORPHEE
D'où viennent ces ordres ?

LA PRINCESSE
Tant de sentinelles se les transmettent, que c'est le tam-tam de vos tribus d'Afrique,
l'écho de vos montagnes, le vent dans les feuilles de vos forêts.

ORPHEE
J'irais jusqu'à celui qui donne ces ordres.

LA PRINCESSE
Mon pauvre amour, il n'habite nulle part ! Les uns croient qu'il pense à nous. D'autres,
qu'il nous pensent. D'autres qu'il dort, et que nous sommes son rêve, son mauvais
rêve...

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