A cinq heures du soir.                                                                              Le Coup de Corne et la Mort

Il était juste cinq heures du soir.                                                              
Un enfant apporta le blanc linceul                                                        
      Garcia da Lorca
à cinq heures du soir. 
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir. 
Et le reste n'était que mort, rien que mort
à cinq heures du soir.                                            

Le vent chassa la charpie
à cinq heures du soir. 
Et l'oxyde sema cristal et nickel
à cinq heures du soir. 
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures du soir.
Et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures du soir. 
Le glas commença à sonner
à cinq heures du soir. 
Les cloches d'arsenic et la fumée
à cinq heures du soir. 
Dans les recoins, des groupes de silence
à cinq heures du soir.
Et le taureau seul, le cœur offert!
A cinq heures du soir.
Quand vint la sueur de neige
à cinq heures du soir,
quand l'arène se couvrit d'iode
à cinq heures du soir,
la mort déposa ses oeufs dans la blessure
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Juste à cinq heures du soir. 

Un cercueil à roues pour couche
à cinq heures du soir.
Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles
à cinq heures du soir.
Déjà le taureau mugissait contre son front
à cinq heures du soir.
La chambre s'irisait d'agonie
à cinq heures du soir.
Déjà au loin s'approche la gangrène
à cinq heures du soir.
Trompe d'iris sur l'aine qui verdit
à cinq heures du soir.
Les plaies brûlaient comme des soleils
à cinq heures du soir,
et la foule brisait les fenêtres
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Aïe, quelles terribles cinq heures du soir!
Il était cinq heures à toutes les horloges.
Il était cinq heures à l'ombre du soir!


LA COGIDA Y LA MUERTE 
Traduction originale du poème en français; Sylvie Corpas(c) et Nicolas Pewny(c):
(traduction agréée par la Fondation et les héritiers de Garcia Lorca)

Variation sur "Le Chevalier" de Barnard Loujou
Chemin des Statues, Monaco

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